Comprendre le syndrome des jambes sans repos : symptômes, causes et facteurs de risque
La maladie de Willis-Ekbom, aussi appelée syndrome des jambes sans repos, est un trouble du système nerveux. Ce dernier touche environ 8,5 % des Français et 2 % d’entre eux ressentent des symptômes plusieurs fois par semaine (1). C’est pourquoi il est nécessaire de sensibiliser les populations sur ce trouble fréquent.

Qu’est-ce que le syndrome des jambes sans repos ?
Le syndrome des jambes sans repos, ou maladie de Willis-Ekbom, ou encore SJSR, est un trouble chronique du système nerveux. Il se traduit par un besoin urgent et irrésistible de bouger les jambes, alors que les muscles sont au repos. De plus, des sensations désagréables, ou “impatiences”, peuvent être ressenties. Elles se traduisent notamment par des sensations de picotements, de fourmillements, des tiraillements, des démangeaisons, une impression de « décharge électrique » ou de brûlure et parfois des douleurs.
Quand survient le syndrome des jambes sans repos ?
Les symptômes, la gêne, sont souvent ressentis le soir et la nuit. Ils surviennent en effet au repos et bien souvent en position allongée. En effet, 80 % des personnes présentant le syndrome des jambes sans repos, observent des secousses musculaires involontaires pendant leur sommeil.(1) Toutefois, ils peuvent également se manifester en journée en position assise, notamment en cas d’immobilité prolongée.
Enfin, il est important de noter que l’on peut présenter des impatiences de façon intermittente, sans pour autant développer un véritable syndrome des jambes sans repos.
Nous avons interviewé le Docteur CAMUS Nicolas, médecin généraliste, pour en savoir plus sur le diagnostic du syndrome des jambes sans repos, sur les traitements possibles et sur les gestes d’auto-assistance à connaître.

Y a-t-il des tests spécifiques nécessaires pour diagnostiquer le syndrome des jambes sans repos ?
La nuit, le syndrome des jambes sans repos peut s’accompagner de mouvements périodiques nocturnes. Il s’agit de contraction musculaire involontaire des jambes et des pieds. Ces contractions surviennent par salves et peuvent se répéter plusieurs fois au cours de la nuit. Lors de ces épisodes il peut y avoir des microréveils (le patient ne se réveille pas vraiment mais son cerveau oui). Le sommeil n’est donc plus réparateur et le patient est fatigué toute la journée.
Le syndrome des jambes sans repos peut aussi déranger le conjoint qui va se plaindre de recevoir des coups de pied toute la nuit.
Le syndrome des jambes sans repos est assez fréquent et semble toucher 5 à 10% des Français de façon occasionnelle avec des symptômes plus ou moins fréquents. Il est plus fréquent chez les femmes et apparaît le plus souvent à l’âge adulte. De plus, il se passe souvent plusieurs années entre le début des symptômes et le diagnostic.
Pour poser un diagnostic de syndrome des jambes sans repos, il faut la présence de 4 éléments :
- la nécessité impérieuse de bouger les jambes lors des sensations désagréables
- l’aggravation des symptômes lors des périodes d’inactivité
- l’aggravation des symptômes le soir et la nuit
- le soulagement systématique lors du mouvement.
Le diagnostic est le plus souvent clinique, c’est-à-dire qu’il n’y a pas forcément besoin d’examens complémentaires. En cas de doute, le médecin peut vous proposer de faire un enregistrement du sommeil et du mouvement des jambes pour être certain.
Quels facteurs peuvent influencer les symptômes ?
On ne sait pas très bien à quoi est dû le syndrome des jambes sans repos mais il semble que le manque de fer et le manque de dopamine jouent un grand rôle. Plusieurs pathologies peuvent favoriser la survenue de ce syndrome, comme l’insuffisance rénale, le diabète, l’hypothyroïdie, la maladie de parkinson, la fibromyalgie, la grossesse, la prise de certains médicaments… Il peut enfin avoir une origine génétique car il semble que certaines familles soient plus touchées.
Quelles sont les mesures d’auto-assistance à garder en tête pour gérer les symptômes sur le syndrome des jambes sans repos ?
La solution la plus simple est de bouger les jambes, s’étirer, piétiner… L’application de chaud et de froid en alternance peut aussi soulager. Il est aussi recommandé de limiter les excitants comme le café, le thé, l’alcool… Il existe des médicaments sans ordonnance qui peuvent aider comme le paracétamol et l’ibuprofène.
Est-ce que le syndrome des jambes sans repos peut être guéri ?
Si les mesures d’auto-assistance ne sont pas suffisantes, le médecin pourra vous proposer d’autres médicaments, toujours en évaluant avec le patient la balance bénéfice/risque. En effet, certains médicaments plus efficaces que le paracétamol ou l’ibuprofène sont susceptibles d’engendrer des effets secondaires indésirables. À noter enfin que ces traitements sont seulement symptomatiques. Il n’existe pas encore de médicament permettant la guérison du syndrome des jambes sans repos.
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Sources :
1 – www.ameli.fr/assure/sante/themes/syndrome-jambes-sans-repos-impatiences/definition-causes. – Consulté en janvier 2025
2 – www.institut-sommeil-vigilance.org/jambes-sans-repos/ – Consulté en janvier 2025
Sources du médecin pour la rédaction :
- https://reseau-morphee.fr/le-sommeil-et-ses-troubles-informations/troubles-sommeil/avez-vous-un-syndrome-des-jambes-sans-repos
- www.ameli.fr/assure/sante/themes/syndrome-jambes-sans-repos-impatiences/definition-causes
- www.vidal.fr/maladies/psychisme/syndrome-jambes-sans-repos-impatiences.html
- www.france-ekbom.fr/
- www.ameli.fr/loire-atlantique/assure/sante/themes/syndrome-jambes-sans-repos-impatiences/diagnostic-traitement