Reconnaître et réagir : à la découverte de l’apnée du sommeil
L’apnée du sommeil, un trouble respiratoire, touche environ 5 à 10 % des adultes et 1 à 3 % des enfants. Mais alors quels sont les signes à surveiller et les actions à entreprendre pour en limiter les répercutions, parfois importantes sur la santé, sur le long terme ?

Mieux comprendre l’apnée du sommeil
L’apnée du sommeil, aussi appelée syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), se caractérise par des interruptions involontaires de la respiration pendant le sommeil. Ces pauses peuvent durer de quelques secondes à plus d’une minute et se répéter des dizaines, voire des centaines de fois par nuit. À noter que les pauses respiratoires doivent se produire au moins 5 fois par heure pour établir un diagnostic clinique, selon les critères médicaux standard. De même, l’importance du syndrome est mesuré en fonction du nombre d’apnées/hypopnées par heure de sommeil. Entre 5 et 15 pauses respiratoires, l’apnée du sommeil est légère, entre 16 et 30, elle est modérée et si elles sont supérieures à 30,elle est considérée comme sévère.
Il existe deux catégories d’apnée du sommeil : les hypopnées, pour lesquelles la réduction du flux respiratoire est partielle, et les apnées, caractérisées par un arrêt complet de la respiration.
Les différents types d’apnées du sommeil :
Apnée obstructive du sommeil (AOS) : Blocage partiel ou complet des voies respiratoires, généralement causé par un relâchement des muscles de la gorge qui contrôlent la langue, le palais mou et les parois du pharynx. Cette forme est la plus couramment observée.
Apnée centrale du sommeil (ACS) : Dysfonctionnement du cerveau qui ne transmet pas correctement le signal respiratoire. L’automatisme respiratoire est alors interrompu pendant au moins 10 secondes.
Apnée mixte : Combinaison des deux types, apnée obstructive et apnée centrale.
Les symptômes de l’apnée du sommeil
Les signes nocturnes : durant la nuit, plusieurs signes d’apnée du sommeil peuvent être remarqués par vous ou votre partenaire. Parmi eux, on retrouve :
- Des ronflements bruyants et irréguliers.
- Des pauses respiratoires remarquées par un partenaire.
- Des éveils fréquents et sensation d’étouffement.
Les conséquences diurnes : les signes d’apnée du sommeil peuvent également se manifester durant votre journée. Ainsi, si vous pouvez remarquer :
- Une somnolence excessive pendant la journée.
- Des maux de tête matinaux.
- Des problèmes de concentration, une irritabilité, des troubles de l’humeur.
Si vous observez ces signes, ou s’ils vous sont reportés, nous vous conseillons de consulter un professionnel de santé afin d’en vérifier la cause.
Les causes de l’apnée du sommeil :
Facteurs physiologiques : L’âge et le sexe d’une personne peuvent être un facteur de risque. En effet, 30% des personnes de plus de 65 ans sont concernées et les hommes sont deux fois plus exposés que les femmes.
Facteurs liés au mode de vie : La consommation d’alcool ou de sédatifs provoque un relâchement des muscles, ce qui peut aggraver l’apnée du sommeil. De plus, le tabac irrite les voies respiratoires ce qui accentue les blocages.
Facteurs anatomiques et prédispositions médicales : Les anomalies structurelles et certains facteurs anatomiques peuvent être la cause de l’apnée du sommeil. C’est le cas notamment d’une déviation nasale ou d’une langue volumineuse, d’amygdales hypertrophiées ou d’un cou épais qui peuvent réduire l’espace des voies respiratoires. Le surpoids, en particulier, est également un facteur majeur pouvant être à la cause de l’apnée du sommeil.
Enfin, certains syndromes comme le syndrome de Down peuvent également augmenter les risques de souffrir de ce syndrome.
Les impacts de l’apnée du sommeil sur la santé
L’apnée du sommeil ne se limite pas à des nuits perturbées. Ses effets à long terme peuvent être graves.
Sur la santé cardiovasculaire : Les arrêts respiratoires augmentent la pression artérielle et sollicitent excessivement le cœur. Les patients sont plus exposés à l’hypertension, aux maladies cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Sur le métabolisme : L’apnée du sommeil est associée à une résistance accrue à l’insuline, favorisant le diabète de type 2.
Sur la santé mentale et cognitive : La privation de sommeil profond altère les fonctions cognitives comme la mémoire et la concentration. Elle peut également entraîner des troubles anxieux ou dépressifs.
Le diagnostic et les traitements de l’apnée du sommeil
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Lors de votre consultation médicale, votre médecin vous interrogera sur votre routine de sommeil, les troubles que vous ressentez ou que votre entourage a observé. Si ce n’est pas encore fait, il vous proposera de réaliser des tests, comme celui d’Epworth, et pourra également vous conseiller de tenir un agenda du sommeil répertoriant vos horaires de coucher et de lever, ainsi que vos perturbations nocturnes et diurnes.
Il procèdera également à un examen ORL afin de rechercher d’éventuels obstacles sur les voies aériennes et rechercher des facteurs de risque cardiovasculaire (hypertension artérielle, surpoids et mesure du tour de taille).
Afin de confirmer une apnée du sommeil, le professionnel de santé pourra ensuite vous orienter vers des examens spécifiques :
- Une polysomnographie : réalisée en laboratoire, elle enregistre des paramètres comme la respiration, le rythme cardiaque et les mouvements.
- Une polygraphie ventilatoire : un examen simplifié, souvent réalisé à domicile.
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Pour vous aider à traiter votre apnée du sommeil, selon votre type, vos symptômes et les causes de votre trouble, plusieurs mesures pourront être mises en place :
- Des mesures hygiéno-diététiques : Si vous êtes dans une situation de surpoids ou d’obésité, une perte de poids peut vous aider en permettant de réduire la pression effectuée sur les voies respiratoires. Pour y arriver, certaines activités adaptées peuvent vous aider. Nous vous conseillons notamment de faire des promenades, de tester la marche nordique, la natation ou encore la gym douce. Il est également recommandé d’éviter l’alcool, le tabac et les sédatifs, surtout avant le coucher. Enfin, instaurer une routine de sommeil régulière peut également améliorer la qualité de vos nuits.
- Un appareillage médical : Deux appareillages peuvent vous être proposés en fonction de vos besoins et profil :
- CPAP (Continuous Positive Airway Pressure) : un masque qui, pendant la nuit, envoie de l’air dans les voies respiratoires avec une légère surpression afin d’éviter le blocage de l’inspiration et prévenir la survenue de l’apnée. Ce traitement est indiqué en cas d’apnée sévère, d’apnée moyenne avec au moins dix micro-éveils par heure de sommeil ou en cas de maladie cardiovasculaire grave associée. Cet appareil est pris en charge pour la première prescription et sous condition pour le renouvellement.
- Des orthèses mandibulaires : ces appareils à porter chaque nuit, sont constitués de deux gouttières sur mesures ou thermoformées. Ils repositionnent la mâchoire inférieure et empêchent la langue de se replier. L’espace entre la langue et le pharynx est alors augmenté pour éviter les blocages de la voie aérienne. Ils sont plutôt indiqués dans le cadre d’apnée du sommeil de moyenne gravité en l’absence de maladie cardiovasculaire. Ils peuvent également être prescrit pour une apnée sévère en cas d’échec ou d’intolérance d’un traitement par pression positive continue. Ces appareils sont pris en charge dans le cadre d’une première prescription ou d’un renouvellement sous condition.
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Dans certains cas, des opérations comme le retrait des amygdales ou la correction de malformations nasales peuvent être nécessaires.
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Afin de prévenir l’apnée du sommeil, vous pouvez notamment :
- Faire attention à vos habitudes de vie : maintenir un poids sain, éviter les substances excitantes et adopter une bonne hygiène de sommeil sont des gestes simples mais efficaces.
- Dépistage précoce des personnes à risques : sensibiliser les personnes en surpoids ou les patients souffrant de maladies chroniques est crucial pour éviter les complications.
Sans oublier les enfants. En effet, près de 2% des enfants entre deux et six ans sont touchés par l’apnée du sommeil. Cette dernière se caractérise alors par un ronflement bruyant, de la transpiration, de la bave sur l’oreiller, de potentiellement vomissement et une incontinence nocturne la nuit et par des maux de tête, une diminution de l’appétit, une somnolence et/ou une agitation et une maladresse le jour. L’apnée du sommeil de l’enfant est souvent associée à de grosses amygdales, à une hypertrophie des végétations, à une obstruction nasale ou peut être due à des malformations des maxillaires et de la face ou à un surpoids.
En cas de doute, consulter un professionnel de santé. Lui seul pourra poser un diagnostic et, si nécessaire, proposer un traitement adapté.
L’apnée du sommeil est un trouble sérieux qui affecte non seulement vos nuits, mais aussi votre santé globale. Heureusement, il existe des solutions efficaces. Si vous soupçonnez un problème, n’attendez pas : consultez un professionnel de santé. Avec un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée, il est possible de retrouver des nuits paisibles et une meilleure qualité de vie.
Sur le territoire du Grand Ouest, des associations locales interviennent sur le sujet du sommeil. Découvrez ces associations, ainsi que leurs coordonnées répertoriées sur notre cartographie.
Sources :
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www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-du-cerveau,-de-la-moelle-%C3%A9pini%C3%A8re-et-des-nerfs/troubles-du-sommeil/pr%C3%A9sentation-du-sommeil– Consulté en janvier 2025
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www.inserm.fr/dossier/sommeil/ – Consulté en janvier 2025
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www.frm.org/nos-publications/questions-de-sante/consequence-manque-sommeil – Consulté en janvier 2025
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www.ameli.fr/loire-atlantique/assure/sante/themes/insomnie-adulte/traitement-medical – Consulté en janvier 2025